Histoire du fest-noz

Publié le 2 novembre, 2009 à 5:48 par Erwan Burban

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- 10 novembre 2007 -

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Festoù-noz : histoire d’une ouverture

A l’origine du fest-noz, il y a les fêtes de clôture des grands travaux collectifs (aire neuve, moissons, arrachage de pommes de terre,…) et les grandes occasions comme les noces. Menées à la voix seule, dans la ronde, les danses rassemblent les membres d’une même communauté rurale. Parfois, c’est l’instrument (accordéon, clarinette, biniou-bombarde, vielle, suivant les régions) qui entraine les danseurs, mais seulement quand l’événement est assez important pour justifier la dépense, ou quand la situation économique est assez bonne pour que certains achètent un instrument.
Avec l’écroulement progressif du monde paysan et de la société traditionnelle, l’abandon des langues maternelles (breton et gallo), ces fêtes de nuit expressions des communautés villageoises (le village étant le lieu-dit, le hameau) disparaissent peu à peu à partir des années 30, au profit de fêtes, défoulements et loisirs considérés comme plus modernes.

Le fest-noz moderne est né le 30 octobre 1955 à Poullaouen : pour la première fois, il est proposé de danser à l’ancienne, « mod kozh », dans une salle et non plus dans une cour de ferme, entre inconnus passionnés et non plus entre soi. Autre caractéristique de ce nouveau fest-noz, la séparation spatiale et « sonore » entre danseurs et chanteurs : désormais les chanteurs ne sont plus parmi les danseurs mais sur scène, et leur voix est amplifié par une sonorisation.
A l’origine de cette acte fondateur, LoeizRoparz et ses amis, qui opèrent ainsi la jonction entre une pratique populaire tombée en désuétude et une approche folklorique intrinsèquement  superficielle. En inventant le fest-noz moderne, ces jeunes passionés ont à la fois réactivé la première et nourri, refondé la seconde !

Un deuxième souffle d’ouverture du fest-noz aura lieu dans les années 70 avec l’arrivée d’une nouvelle génération avide d’authenticité, de racines retrouvées, mais aussi de sensation fortes. L’apport de cette nouvelle étape sera surtout musical, avec l’introduction de quantité d’instruments nouveaux, des plus évidents aux plus improbables. C’est aussi le début des métissages, de l’influence du rock, de la pop et de la variété. Les chanteurs et sonneurs ont alors de plus en plus de mal à se faire entendre et le règne des « groupes » commence, guitares basses, batterie, orgues électroniques connectant la musique bretonne à danser au « son »mondial.
Encore une fois, l’action de quelques passionés infléchira le mouvement de la micro-histoire, avec la création du Printemps de Chateauneuf, grande fête dédiée exclusivement aux sonneurs et aux chanteurs.

Le développement du collectage et la mise en valeur de la musique traditionnelle « de source » par l’association Dastum et par une nouvelle génération de musiciens extrèmement motivés et exigents permet dans les années 80 de digérer le bouillonnement des années précédentes et d’élever le niveau d’exigence musicale. Cette période difficile mais féconde explique la puissance de la 3e vague bretonne (qui est en fait surtout une vague de festoù-noz) des années 90.
Encore plus métissé et ouvert sur le monde que dans les années 70, le fest-noz de la fin du 20e siècle s’appuie sur deux décennies de recherches et de formation sur la musique traditionnelle. Les sonneurs et les chanteurs ont retrouvé leur place, si ce n’est en haut de l’affiche, tout au moins en tant que référence respectée. Les petits fest-noz de village se maintiennent au côté de nouvelles manifestations à la mesure des grandes métropoles bretonnes, comme les rave-noz de Nantes et de Brest, ou le fest-noz géant du festival Yaouank à Rennes.

Difficile de ne pas avoir une vision cyclique de l’histoire du fest-noz arrivé de nouveau au creux de lavague, sentant confusément les acteurs de ce phénomène en pleine effervescence. Prochain paragraphe, la vague géante des années 2010 !