la musique à danser en concerts

Publié le 23 octobre, 2009 à 4:31 par Erwan Burban

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- 23 août 2009 -

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Pourquoi présenter en situation de concert des musiques à danser “en l’état” ? C’est encore une fois la question que je me suis posé lors de la dernière édition d’un festival d’été d’outre Vilaine.
… Tant qu’on réduira le trad à des instruments et des airs, on passera à côté de l’apport essentiel de ces musiques  indissociablement lié au fait qu’il s’agit de musiques de fonctions, de circonstances…

Si un nouveau contexte (le « concert »), inexistant dans les sociétés qui ont produit les « musiques trads », nous intéresse, ça peut être tout à fait fructueux. Faisons donc du concert, bien frontal (disposition des spectateurs), avec de la musique bien pure qui ne s’incarne que dans le corps des « artistes », soit, allons-y… mais en prenant en compte la nouveauté de cette situation de musique, en en tirant parti.

Refouler la question de la fonctionnalité des musiques trads, extraire celles-ci des circonstances, c’est se rapprocher du prestige des musiques pures (fond de commerce de la musique savante), c’est aussi rester dans le confort du consensus dématérialisant (illusion qui permet le règne des musiques populaires idustrielles) : « la musique c’est du son et voilà tout ».

Porter des musiques liées à des contextes directement dans une situation de concert (qui est intrinsèquement une tentative d’abstraction du contexte), c’est probablement aussi affirmer leur valeur artistique, leur égalité de valeur avec d’autres musiques.

Si personnellement je défend cette égalité de valeur, ça ne m’apporte pas grand chose d’en avoir la démonstration, d’en rester à : « écoutons cette musique en concert, parce qu’elle le vaut bien. »

A la limite, dans le cas de musiques qui ne peuvent plus vivre autrement (disparition de toute possibilité de pratique contextualisé d’une musique en particulier).

Autre cas de « portage sur scène, telle qu’elle, d’une musique de contexte/fonction » : si  la décontextualisation amenait de la liberté, permettait le non-respect des impératifs de la danse par exemple.

Une scottish qui se permet de jouer avec les silences, avec les carrures rythmiques, qui se transforme en une autre danse, indansable, là oui il y aurait un intérêt. Une scottish particulièrement jolie et bien léchée, par contre, qui reste gentillement dansable mais qu’on écoute dans le silence de la nef… perversion d’esthète ou compensation pour les acteurs de cultures trop souvent méprisées ? Les musiques qui nous passionnent ayant été si longtemps dénigrées, n’en sommes-nous pas encore à nous rassurer sur leur dignité : « Nous aussi, on compose ; nous aussi on s’assoit et on écoute… »